Du XVIe au XIXe siècle, l'influence des Hohenzollern atteignit son apogée – une période durant laquelle la famille non seulement survécut aux convulsions de la Réforme et de la Guerre de Trente Ans, mais émergea comme architecte d'un nouvel État prussien et, finalement, d'un Empire allemand unifié. Le modèle qui se dégage des archives de cette époque est celui d'une ambition implacable, d'une innovation institutionnelle et d'une acceptation calculée du changement.
La conversion des Électeurs Hohenzollern de Brandebourg au protestantisme au début du XVIe siècle, sous Joachim II Hector, fut un moment charnière. Les documents de cour et la correspondance révèlent une navigation prudente des conflits religieux, la famille cherchant à la fois à affirmer son indépendance vis-à-vis de l'Empereur catholique et à exploiter les énergies de la Réforme. La construction de nouvelles églises protestantes et le patronage d'universités, telles que l'Université de Königsberg, soulignèrent leur engagement envers le renouveau religieux et intellectuel. Les inventaires de l'époque détaillent la transformation des chapelles de cour, où les retables et les vases liturgiques furent remplacés conformément à la doctrine luthérienne, signalant un changement visible dans la culture spirituelle et visuelle de la dynastie.
L'acquisition du Duché de Prusse par Albert de Brandebourg-Ansbach en 1525, et son union ultérieure avec le Brandebourg en 1618, marqua une révolution structurelle dans la base territoriale de la dynastie. Les preuves issues des traités et des documents juridiques indiquent que les Hohenzollern utilisèrent cette double domination pour expérimenter de nouvelles formes de gouvernance, mêlant traditions féodales et pratiques bureaucratiques émergentes. Les registres administratifs de Königsberg et de Berlin montrent l'introduction d'une perception centralisée des impôts et l'établissement d'une élite administrative loyale, dont la fidélité était souvent cimentée par des concessions de terres et des nominations à la cour. L'État qui en résulta, souvent décrit par les historiens comme une « armée avec un pays », devint synonyme de discipline militaire et d'efficacité administrative. Les registres militaires et les rôles d'appel attestent d'un corps d'officiers professionnels croissant, recruté non seulement parmi la noblesse mais, de plus en plus, parmi les rangs méritocratiques de la bourgeoisie.
Sous Frédéric Guillaume, le « Grand Électeur » (règne 1640-1688), la dynastie traversa les dévastations de la Guerre de Trente Ans et entama un processus déterminé de reconstruction. Les récits contemporains décrivent la reconstruction de Berlin, l'introduction de la tolérance religieuse pour les réfugiés huguenots et la création d'une armée permanente qui ferait l'envie de l'Europe. Les politiques du Grand Électeur, détaillées dans les archives d'État, jetèrent les bases de l'ascension de la Prusse en tant que grande puissance. Les chartes urbaines et les permis de construire de l'époque documentent l'expansion des murs de la ville de Berlin, la réparation des ponts et la construction de bâtiments civiques. Les registres de la congrégation française de Berlin illustrent l'intégration d'artisans et de marchands huguenots, dont les compétences et le capital revitalisèrent l'industrie et le commerce locaux.
Le XVIIIe siècle apporta les règnes de Frédéric Ier, qui se couronna Roi en Prusse en 1701, et de Frédéric II, connu sous le nom de Frédéric le Grand. Le règne de ce dernier, largement chroniqué dans les sources prussiennes et internationales, fut caractérisé par l'absolutisme éclairé, la conquête militaire et un épanouissement des arts. Les palais de Sanssouci et de Charlottenburg, avec leur splendeur rococo, témoignent durablement des ambitions culturelles de l'époque. Les inventaires et les plans architecturaux révèlent des intérieurs ornés de stucs dorés, de fresques élaborées et de collections de porcelaine et de peintures qui rivalisaient avec celles d'autres cours européennes. Les cérémonies de cour devinrent des affaires élaborées, avec des protocoles documentés et une hiérarchie stricte reflétant la vision de l'ordre et de la grandeur de la dynastie. Les descriptions contemporaines racontent le spectacle des audiences et des investitures, où les courtisans en tenue prescrite défilaient dans des salles aux miroirs sous des lustres en cristal.
Pourtant, même à son apogée, la cour des Hohenzollern était un lieu d'intrigue et de tension. Les litiges successoraux, les conflits générationnels et l'équilibre entre factions réformistes et conservatrices sont bien attestés dans la correspondance privée et les mémoires. La relation entre Frédéric le Grand et son père, Frédéric Guillaume Ier, par exemple, est décrite dans les sources contemporaines comme profondément tendue, reflétant des tensions plus larges entre militarisme et Lumières. Les documents d'archives détaillent les disputes concernant l'éducation du prince héritier, la composition du corps des officiers et le rôle approprié du monarque dans les affaires de l'État. Les lettres et rapports d'initiés de la cour signalent des manœuvres factionnelles et la menace persistante d'instabilité dynastique.
La conséquence structurelle de ces siècles fut l'émergence de la Prusse comme grande puissance européenne – un État dont les institutions, la culture et la prouesse militaire allaient façonner le destin du continent. Au moment de l'unification de l'Allemagne par Otto von Bismarck en 1871, avec le roi Guillaume Ier de Prusse proclamé empereur allemand dans la Galerie des Glaces à Versailles, les Hohenzollern se tenaient au sommet de la royauté européenne. La résonance symbolique de ce moment est préservée dans les peintures, les médailles commémoratives et les proclamations officielles, toutes cherchant à légitimer le nouveau statut impérial de la dynastie. Les défilés militaires, les discours et les cérémonies à Berlin et dans tout l'empire renforcèrent l'image d'unité et de force, tandis que les réformes administratives centralisaient l'autorité entre les mains de la cour impériale.
L'âge d'or des Hohenzollern, cependant, portait en lui les germes de futurs troubles. L'industrialisation, les bouleversements sociaux et les pressions du nationalisme prenaient de plus en plus d'ampleur, jetant de longues ombres sur la cour scintillante. Les preuves archivistiques de la fin du XIXe siècle montrent des inquiétudes croissantes concernant les troubles ouvriers, les revendications constitutionnelles et la gestion d'une population urbaine en rapide expansion. Alors que le XIXe siècle touchait à sa fin, le pouvoir de la famille semblait inattaquable – pourtant, les décennies à venir mettraient à l'épreuve les fondations mêmes de tout ce qu'ils avaient construit. L'apogée du règne des Hohenzollern, préservée dans la pierre, la cérémonie et le statut, se dressait à la fois comme un aboutissement et un prélude aux profondes transformations qui allaient bientôt balayer l'Europe.