Les XIVe et XVe siècles marquèrent l'apogée de la Maison de Wettin – une période durant laquelle leur domination, leur richesse et leur influence culturelle atteignirent un zénith sans précédent, comme en témoignent une abondance de chartes, de comptes de construction et de correspondances diplomatiques subsistants. Cette ère fut définie à la fois par l'expansion territoriale et un épanouissement de la culture de cour, mais elle porta également les marques de la fragmentation et de la rivalité qui résonneraient à travers les générations futures. Le changement structurel le plus significatif survint avec la division de la maison en branches Ernestine et Albertine, un processus méticuleusement codifié par le Traité de Leipzig en 1485. Le texte existant du traité, conservé dans les archives régionales, détaille la division de l'héritage des Wettin entre les fils de l'Électeur Frédéric II – Ernest et Albert – délimitant soigneusement les frontières, les droits et les obligations. La lignée Ernestine conserva la dignité électorale et les terres ancestrales de Thuringe, tandis que les Albertins prirent le contrôle de Meissen et, dans un tournant conséquent, hériteraient plus tard de l'Électorat de Saxe.
Les archives architecturales et fiscales de cette période illustrent la transformation des cours des Wettin en centres vibrants d'innovation de la Renaissance. La cour Albertine de Dresde, en particulier, devint un point focal de splendeur architecturale et de mécénat artistique. Les comptes de construction subsistants de la fin du XVe et du début du XVIe siècle énumèrent les dépenses somptueuses consacrées à l'expansion du château de Dresde, aux fortifications entourant la ville en pleine croissance, et aux bâtiments civiques conçus pour projeter puissance et stabilité. Les inventaires et les descriptions contemporaines détaillent de grandes salles ornées de tapisseries tissées aux armes des Wettin, des collections de verre vénitien et de sculptures italiennes, et des retables commandés à des artistes renommés des écoles saxonne et bohémienne. La vie cérémonielle de la cour, telle qu'enregistrée par les chroniqueurs et notée dans les livres de fêtes subsistants, était marquée par des processions élaborées, des tournois chevaleresques et des célébrations publiques qui renforçaient l'image de la dynastie comme à la fois magnifique et divinement favorisée.
Les archives historiques révèlent que sous le règne de Frédéric le Sage, Électeur de Saxe, les Wettin devinrent des mécènes essentiels de la Réforme naissante. Le parrainage de Martin Luther par Frédéric, documenté dans la correspondance conservée avec les réformateurs et les autorités impériales, plaça la Saxe à l'épicentre de la transformation religieuse. La fondation et l'expansion de l'Université de Wittenberg, établie sous le patronage des Wettin, est attestée par les registres universitaires et les listes d'érudits inscrits, démontrant l'engagement de la famille envers l'apprentissage et le débat théologique. L'université devint un pôle d'attraction pour les penseurs de toute l'Europe, et son association avec les enseignements de Luther aurait des conséquences profondes pour la dynastie et le Saint-Empire romain germanique plus large. L'adoption du protestantisme par les Wettin, attestée par des édits et la conversion des chapelles de cour, précipita à la fois un renouveau culturel et un risque politique, alors que les divisions religieuses s'accentuaient parmi les États allemands.
Pourtant, l'apogée du pouvoir des Wettin ne fut pas sans frictions internes. La partition entre les Ernestins et les Albertins, bien que formalisée avec une précision juridique, introduisit un schéma de rivalité et de contestation qui persisterait pendant des siècles. Les documents de cour et les pétitions légales du XVIe siècle fournissent des preuves de litiges prolongés concernant la succession, les terres et les titres. La lignée Ernestine, malgré le maintien de la dignité électorale, subit un revers décisif après la Guerre de Smalkalde. Les archives impériales et les lettres de la cour de Charles Quint relatent les conséquences de la défaite des Ernestins : le transfert de l'Électorat à la branche Albertine, la confiscation des domaines et l'imposition de l'autorité impériale sur des territoires autrefois autonomes. Ce réalignement structurel modifia fondamentalement l'équilibre des pouvoirs au sein de la dynastie, reléguant les Ernestins à un rôle subordonné et préparant le terrain pour leur déclin progressif.
Les Wettin Albertins, désormais élevés au rang d'Électeurs de Saxe, présidèrent une cour dont l'opulence et le mécénat des arts devinrent légendaires. La construction de la Frauenkirche à Dresde, documentée dans les plans architecturaux et les registres financiers subsistants, et l'établissement de la manufacture de porcelaine de Meissen, telle qu'enregistrée dans les registres commerciaux, sont des témoignages durables des ambitions culturelles de la dynastie. Le portrait florissait dans cet environnement ; les inventaires énumèrent des peintures d'artistes éminents, représentant souvent des souverains Wettin en tenue d'apparat élaborée, renforçant une identité dynastique soigneusement cultivée. La culture visuelle de la cour – son faste, son architecture, ses collections – était une affirmation délibérée de légitimité et de sophistication, destinée à rivaliser et à surpasser celles des maisons européennes concurrentes.
La portée de la Maison de Wettin s'étendit bien au-delà de la Saxe grâce à une série de mariages stratégiques, comme l'indiquent les registres généalogiques et la correspondance diplomatique. Des alliances avec les maisons royales de Pologne, du Danemark et d'Angleterre élargirent leur influence et assurèrent leur position parmi les dynasties les plus importantes d'Europe. L'élection d'Auguste le Fort, Électeur de Saxe, comme Roi de Pologne en 1697, est documentée dans les chroniques saxonnes et polonaises. Son règne exemplifia le prestige international de la dynastie : les journaux de cour et les inventaires décrivent un milieu où les influences allemandes, polonaises et françaises se mêlaient, se manifestant dans l'architecture baroque, la musique de cour et les festivals élaborés. Le mélange des traditions, visible dans tout, des vêtements de cérémonie aux goûts culinaires, soulignait les aspirations cosmopolites des Wettin.
Néanmoins, sous la surface de la magnificence, les archives et les comptes du trésor révèlent des tensions persistantes. Les coûts énormes de l'entretien d'une telle cour mirent à rude épreuve les finances ducales, entraînant des levées d'impôts et des troubles périodiques parmi les états. Le défi de régner sur des territoires disparates et parfois agités nécessitait une négociation continue avec les élites locales, comme le notent les procès-verbaux des conseils et les pétitions à l'Électeur. La cour elle-même était un lieu d'intrigue, façonnée par des alliances changeantes, la compétition pour les faveurs et le spectre omniprésent des menaces extérieures des puissances voisines.
À l'aube du XVIIIe siècle, la Maison de Wettin se tenait au sommet de sa trajectoire historique – une dynastie dont l'influence s'étendait de l'Elbe à la Vistule, dont les cours éblouissaient de richesse et de savoir. Pourtant, les chroniqueurs contemporains, attentifs aux marées changeantes de la fortune, notèrent la fragilité sous le faste. Les pressions de la guerre, les difficultés de succession et les courants incessants de la politique européenne menaçaient de saper les fondations si soigneusement établies. L'âge d'or touchait à sa fin, et l'avenir de la dynastie serait façonné autant par ces défis imminents que par les gloires de son passé.