L'âge d'or des Mérovingiens céda la place, inexorablement, à un long et difficile déclin. À partir de la fin du VIIe siècle, la fortune de la dynastie déclina au milieu d'une discorde interne croissante et de la montée de pouvoirs rivaux au sein de l'État franc. Les chroniques contemporaines, y compris les Continuations de Frédégaire, brossent le tableau d'une maison royale assaillie par la crise – ses rois de plus en plus marginalisés, son autorité évidée par les ambitions de ses propres serviteurs.
La fonction de maire du palais, autrefois un nommé royal et gestionnaire de la maisonnée, devint progressivement le véritable centre du pouvoir. Les documents historiques détaillent comment, au début du VIIIe siècle, des figures telles que Pépin de Herstal et plus tard Charles Martel exercèrent un contrôle quasi-souverain. Ils commandaient des armées, négociaient avec des envoyés étrangers et dispensaient le patronage, souvent avec peu de consultation des monarques mérovingiens. Ces maires du palais se transformèrent d'administrateurs en hommes forts politiques, leur autorité enracinée dans le succès militaire et les alliances avec les principales familles nobles. Les documents de cour et les chartes portent de plus en plus les signatures de ces puissants maires, tandis que celles des rois apparaissent comme de simples formalités.
Les rois eux-mêmes, désormais décrits par les historiens ultérieurs comme des « rois fainéants » – des rois sans pouvoir réel – conservaient les attributs de la royauté mais peu de sa substance. Ils présidaient des cérémonies, signaient des chartes et émettaient des décrets, mais les vraies décisions étaient prises ailleurs. La présence royale était toujours maintenue par des rituels somptueux et l'entretien de complexes palatiaux, mais les preuves archéologiques de sites comme Chelles et Saint-Denis suggèrent un déclin progressif de la grandeur des cours royales. Les basiliques et salles d'audience autrefois splendides, auparavant ornées de marbres importés et de mosaïques complexes, commencèrent à montrer des signes de négligence. Les descriptions des chroniqueurs monastiques notent la splendeur déclinante de la vie de cour : les processions continuaient, mais avec des suites diminuées et des insignes moins opulents. Les grands festins et assemblées qui attiraient autrefois de puissants magnats devinrent plus superficiels, car les véritables centres de décision s'éloignaient de la maisonnée royale.
Les conséquences de la faiblesse dynastique furent profondes. Les pertes territoriales s'accumulèrent à mesure que les périphéries échappaient au contrôle royal. Des régions telles que l'Aquitaine et la Provence virent l'ascension de souverains locaux qui ne prêtaient qu'une allégeance nominale à la couronne mérovingienne. La décentralisation de l'autorité permit aux nobles locaux d'enraciner leur propre pouvoir, souvent aux dépens de la couronne. Le système des concessions de terres, initialement un instrument de faveur royale, devint un moyen pour les aristocrates ambitieux d'établir des principautés héréditaires. Les chartes subsistantes révèlent comment les concessions de terres – parfois à des monastères, parfois à des fidèles – devinrent progressivement des possessions permanentes et héréditaires, érodant le contrôle direct du roi sur son royaume. Les rois mérovingiens, de plus en plus isolés dans leurs palais, devinrent dépendants du soutien – ou de la tolérance – des grandes familles qui contrôlaient la campagne.
Les conflits familiaux atteignirent de nouveaux sommets, les querelles de succession dégénérant en conflits ouverts. Le meurtre du roi Dagobert II, l'aveuglement et l'emprisonnement de rivaux, et le recours fréquent à l'exil monastique pour les prétendants indésirables témoignent tous de la violence qui hantait la lignée mérovingienne. Les annales monastiques et les registres de cour ne reculent pas devant les vérités inconfortables : des rois assassinés par leurs propres parents, des reines accusées d'empoisonnement et des courtisans maniant des poignards dans l'ombre du palais sont des thèmes récurrents dans les documents historiques. Des chroniqueurs tels que les auteurs du Liber Historiae Francorum racontent une dynastie déchirée par des luttes intestines, avec des branches rivales et des courtisans ambitieux se disputant l'influence. De tels conflits ne menaçaient pas seulement les souverains individuels, mais sapèrent le tissu même de la légitimité et de la continuité royales.
L'autorité religieuse, autrefois pilier de la légitimité mérovingienne, devint une arme à double tranchant. Les chroniqueurs monastiques fustigèrent les rois pour leur indolence perçue et leurs défaillances morales, les décrivant comme indignes de leur office sacré. Les évêques, de plus en plus indépendants, agissaient parfois comme faiseurs de rois ou critiques publics, utilisant leurs chaires et leurs réseaux pour façonner l'opinion et la politique. L'alliance antérieure de la dynastie avec l'Église, exemplifiée par la fondation de monastères et le parrainage de cultes de saints, devint désormais une source de tension, alors que les réformateurs ecclésiastiques cherchaient à freiner l'ingérence royale et à promouvoir de nouveaux modèles de sainteté. Les sources hagiographiques de l'époque contrastent souvent la piété des saints locaux avec la mondanité de la cour mérovingienne, renforçant l'impression d'une maison royale en déclin moral autant que politique.
L'architecture du pouvoir changea également. Les grandes basiliques et les complexes palatiaux des générations précédentes tombèrent en désuétude, à mesure que les ressources financières diminuaient et que les priorités royales se déplaçaient. Les preuves matérielles de sites tels que Chelles et Saint-Denis indiquent à la fois la continuité et la dégradation : les sépultures royales se poursuivirent, mais la splendeur des cérémonies passées s'estompa. Les inventaires des trésors royaux énumèrent moins de biens de luxe, et les descriptions des rituels de cour suggèrent un déclin de la qualité et de la quantité des insignes précieux. L'apparat de la vie de cour demeura, mais sa signification politique diminua, car l'autorité réelle résidait ailleurs.
La crise finale arriva au milieu du VIIIe siècle. Childéric III, le dernier roi mérovingien, fut placé sur le trône par le maire du palais carolingien Pépin le Bref – plus comme un homme de paille qu'un souverain. En 751, Pépin, avec le soutien de la papauté, déposa Childéric et assuma lui-même le titre royal. Les récits contemporains décrivent la tonsure rituelle et l'exil du dernier Mérovingien, une fin symbolique à près de trois siècles de règne. Les chroniqueurs rapportent comment Childéric fut confiné dans un monastère, ses cheveux – l'ancien symbole du pouvoir royal – coupés courts, marquant l'extinction du charisme sacré de la dynastie.
La dynastie qui avait jadis uni les peuples de Gaule sombra désormais dans l'obscurité. Son héritage, cependant, demeura – gravé dans les mémoires des chroniqueurs, dans les pierres des palais en ruine et dans les lignées complexes de la noblesse européenne. L'aube de l'ère carolingienne apporterait de nouvelles gloires et de nouveaux défis, mais la longue ombre des Mérovingiens plana sur le monde médiéval, façonnant l'imagination politique des générations à venir.